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L’avenir vu par chatGPT.

il y a 3 heures
8 min de lecture

J’ai demandé à chatGPT:

A quoi l’humain va servir si une grande parti de ce qu’il peut faire est faisable par l’ia. Comment peut évoluer économiquement et socialement l’humanité?

Et voici sa reponse:

Tu touches probablement à l’une des questions les plus importantes du XXIᵉ siècle. Et je pense qu’elle est encore plus profonde que celle de la disparition des emplois.

Pendant des millénaires, l’humanité a organisé son économie, sa société et même une partie de son identité autour de ce que les individus étaient capables de produire. Que se passe-t-il lorsque l’intelligence, qui constituait l’un de nos principaux avantages, devient abondante et peu coûteuse ?

Je distinguerais trois bouleversements.

1. Le bouleversement économique : qui va gagner de l’argent ?

Depuis la révolution industrielle, les machines ont progressivement remplacé une partie de notre travail physique.

Mais elles ont également créé de nouveaux métiers.

L’intelligence artificielle introduit une différence majeure : elle peut automatiser une partie du travail intellectuel.

Rédiger, traduire, programmer, analyser des documents, produire des images, réaliser des diagnostics préliminaires, conseiller…

Des activités qui nécessitaient auparavant des années de formation deviennent accessibles en quelques secondes.

Il faut toutefois distinguer automatiser une tâche et remplacer un métier. La plupart des professions regroupent des activités très différentes, dont certaines exigent une présence physique, une responsabilité juridique ou une relation humaine.

Mais imaginons que les progrès se poursuivent.

Une entreprise qui employait 100 personnes pourrait peut-être produire autant avec 30 salariés et des systèmes d’IA.

Sa productivité augmenterait considérablement.

Mais une question apparaît immédiatement :

Qui bénéficie de cette richesse supplémentaire ?

Les propriétaires de l’entreprise ? Les actionnaires ? Les salariés qui restent ? Les consommateurs grâce à la baisse des prix ? La collectivité grâce aux impôts ?

Tout dépendra des mécanismes économiques et des choix collectifs.

Et c’est là que se trouve un premier risque majeur : une concentration croissante des revenus et du patrimoine.

Si les machines produisent une part toujours plus importante de la richesse, mais que les revenus restent principalement distribués par le travail, nous pourrions rencontrer une contradiction fondamentale.

Comment une économie fondée sur la consommation peut-elle fonctionner si une partie importante de la population ne dispose plus de revenus suffisants pour consommer ?

Ce problème n’est pas insoluble. Mais il obligerait à repenser la distribution de la richesse.


2. Le bouleversement social : que devient notre place dans la société ?

Je trouve cette question encore plus délicate.

Imagine un médecin qui a consacré quinze années à acquérir son expertise.

Demain, une IA pourrait être capable d’analyser certaines situations médicales mieux que lui.

Imagine un avocat, un ingénieur, un professeur ou un chercheur confronté à la même situation.

Le problème n’est pas uniquement économique.

Il est aussi psychologique.

Car notre travail nous apporte bien davantage qu’un salaire.

Il nous donne une identité, une reconnaissance sociale, des relations, des objectifs et parfois le sentiment d’être utile.

Or, les recherches en psychologie montrent que ces dimensions contribuent à notre bien-être.

Cela rejoint directement ce que tu étudies actuellement à Berkeley sur le bonheur.

Nous avons besoin de nous sentir compétents, autonomes et reliés aux autres.

Ce sont notamment les trois besoins psychologiques fondamentaux décrits par la théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan.

Que se passe-t-il lorsqu’une machine devient meilleure que nous dans une grande partie des activités qui nous permettaient de nous sentir compétents ?

Une possibilité est que nous développions d’autres sources de reconnaissance.

Une autre est que certains individus éprouvent une perte de sens, un sentiment d’inutilité ou une forme de déclassement social.

Et cela pourrait concerner des personnes très qualifiées.


3. Trois futurs économiques possibles

Je ne crois pas que nous puissions aujourd’hui prédire avec certitude lequel se réalisera.

Scénario A : une société beaucoup plus riche, mais très inégalitaire

L’IA augmente considérablement la productivité.

Les entreprises qui possèdent les technologies, les infrastructures et les capitaux en retirent l’essentiel des bénéfices.

Une partie des emplois disparaît ou perd de sa valeur économique.

Les inégalités augmentent.

Dans ce scénario, nous pourrions connaître un paradoxe historique :

Une société capable de produire une abondance extraordinaire, mais dans laquelle une partie de la population peine à vivre correctement.

Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un risque.

Scénario B : une société où nous travaillons beaucoup moins

Imaginons maintenant que les gains de productivité soient largement partagés.

Nous pourrions progressivement réduire le temps de travail.

Pourquoi travailler cinq jours par semaine si trois suffisent pour produire les biens et services nécessaires ?

Les individus pourraient consacrer davantage de temps à leurs enfants, leurs proches, leurs passions, leurs activités physiques, leur formation ou leur engagement associatif.

Cela ressemble à une vieille promesse du progrès technique.

L’économiste John Maynard Keynes imaginait déjà, en 1930, qu’une forte augmentation de la productivité pourrait permettre à ses descendants de travailler environ quinze heures par semaine.

Nous n’y sommes pas parvenus, notamment parce que les besoins, les aspirations et l’organisation économique ont évolué.

L’IA pourrait néanmoins remettre cette possibilité au centre des discussions.

Scénario C : une transformation profonde du travail

C’est un scénario dans lequel l’IA ne remplace pas principalement les humains, mais transforme leurs activités.

Un médecin pourrait consacrer moins de temps à l’administration et davantage à ses patients.

Un enseignant pourrait disposer d’outils permettant d’adapter ses cours aux difficultés individuelles de chaque élève.

Un chercheur pourrait explorer beaucoup plus rapidement des hypothèses scientifiques.

Et un professionnel comme toi pourrait consacrer moins de temps à préparer ses supports pédagogiques et davantage à concevoir des expériences, accompagner des personnes et transmettre ses connaissances.

Mais il existe un piège.

L’augmentation de la productivité ne se traduit pas automatiquement par davantage de temps libre.

Elle peut aussi conduire à demander aux salariés de produire toujours plus.

Là encore, le résultat dépendra de l’organisation économique et sociale.


4. Et si nous n’avions plus besoin de travailler ?

C’est là que la question devient presque philosophique.

Imaginons une société dans laquelle les machines produiraient l’essentiel de ce dont nous avons besoin.

Les biens essentiels seraient largement accessibles.

Les humains n’auraient plus besoin de travailler pour survivre.

Serait-ce une catastrophe ?

Pas nécessairement.

Pendant une grande partie de notre histoire, le travail a été une nécessité.

Nous n’avons pas évolué biologiquement pour passer huit heures par jour devant un ordinateur ou dans un bureau.

Nous avons évolué dans des groupes sociaux, en explorant notre environnement, en apprenant, en coopérant et en prenant soin les uns des autres.

Il n’existe donc aucune raison de penser que le travail salarié soit indispensable à l’épanouissement humain.

En revanche, avoir des activités qui nous donnent le sentiment d’exister, de progresser et de contribuer à quelque chose semble beaucoup plus fondamental.

La différence est immense.

On pourrait imaginer une société où les individus ne seraient plus principalement définis par leur profession.

La question « Que faites-vous dans la vie ? » pourrait progressivement perdre son sens professionnel.

Nous demanderions peut-être davantage :

« Qu’est-ce qui vous passionne ? »

« Qu’est-ce que vous apprenez ? »

« À quoi consacrez-vous votre temps ? »

« Qu’apportez-vous aux autres ? »

Mais une telle évolution nécessiterait une transformation culturelle considérable.


5. Le problème que je trouve le plus préoccupant : la perte d’autonomie

Il existe un autre risque, moins visible que le chômage.

Imagine que l’IA devienne meilleure que nous pour écrire, réfléchir, organiser, mémoriser, calculer et prendre certaines décisions.

Nous pourrions progressivement lui déléguer une grande partie de nos efforts intellectuels.

C’est confortable.

Mais que deviendraient nos capacités si nous ne les exercions plus ?

Tu connais parfaitement cette problématique grâce à tes formations sur l’apprentissage.

Nous savons que l’acquisition et le maintien de nombreuses compétences nécessitent de la pratique, de l’effort et des occasions de récupérer activement les connaissances.

L’IA pourrait donc produire deux effets opposés.

Elle pourrait devenir un formidable outil d’apprentissage, permettant à chacun d’accéder à un enseignement personnalisé.

Ou elle pourrait favoriser une dépendance cognitive, si nous lui confions systématiquement les tâches qui nous permettent précisément de développer nos compétences.

Le risque n’est pas que l’IA soit intelligente.

Le risque serait que nous renoncions progressivement à exercer notre propre intelligence.


6. Mais il existe une limite fondamentale à cette réflexion

Jusqu’ici, nous avons parlé de productivité et de compétences.

Or, une société humaine ne fonctionne pas uniquement grâce à la production.

Elle fonctionne également grâce aux relations, à la confiance, à l’attachement et à la coopération.

Reprenons un exemple de ton domaine.

Imaginons qu’une IA puisse analyser avec une précision extraordinaire les causes possibles d’une douleur.

Elle pourrait proposer des hypothèses, expliquer les mécanismes, suggérer des exercices et adapter ses conseils.

Mais une consultation ne se résume pas à la transmission d’informations.

Il y a la relation thérapeutique.

L’écoute.

La confiance.

Le contact physique lorsque celui-ci est pertinent.

Le sentiment d’être compris et accompagné.

Une partie de ces dimensions pourrait être reproduite ou facilitée par des technologies futures.

Mais cela ne signifie pas que les individus préféreront nécessairement une interaction artificielle à une relation humaine.

La valeur d’une activité ne dépend pas uniquement de la qualité technique de son résultat. Elle dépend aussi de la personne avec laquelle nous la partageons.

Un ordinateur peut jouer aux échecs infiniment mieux que la plupart des humains.

Cela n’a pas supprimé le plaisir de jouer aux échecs entre amis.

De même, une IA pourrait un jour composer de la musique supérieure à celle de nombreux musiciens.

Cela ne supprimerait pas nécessairement le plaisir d’assister à un concert donné par des êtres humains.

Nous pourrions donc assister à un phénomène intéressant : certaines activités perdraient de leur valeur économique, tout en conservant une immense valeur humaine.


7. La véritable révolution pourrait être celle de la répartition des richesses

Revenons à l’économie.

Si l’IA permet une augmentation considérable de la productivité, plusieurs mécanismes pourraient contribuer à partager cette richesse.

Par exemple, une réduction du temps de travail, une fiscalité adaptée aux nouvelles formes de création de valeur, des services publics renforcés, des mécanismes de participation des salariés aux bénéfices ou différentes formes de revenu garanti.

Chacune de ces solutions comporte des avantages, des coûts et des difficultés.

Un revenu universel, par exemple, pourrait contribuer à sécuriser les ressources des individus, mais son financement et ses conséquences économiques dépendraient fortement de ses modalités.

Il ne suffirait pas non plus à répondre aux besoins de reconnaissance, de relations sociales et d’utilité.

Et surtout, même une IA extrêmement performante ne supprimerait pas toutes les contraintes matérielles.

Nous aurions toujours besoin d’énergie, de matières premières, de logements, d’infrastructures et de ressources naturelles.

L’abondance numérique ne garantit pas automatiquement l’abondance physique.


8. Et à plus long terme ?

Imaginons maintenant une IA capable de surpasser les humains dans presque toutes les activités intellectuelles.

Ajoutons des robots suffisamment performants pour accomplir une grande partie des tâches physiques.

Nous entrerions alors dans une situation véritablement inédite.

Pour la première fois, la contribution économique humaine pourrait devenir beaucoup moins indispensable à la production de nombreux biens et services.

Ce scénario reste hypothétique. Nous ignorons si de tels systèmes seront développés, à quelle échéance et avec quelles limites.

Mais il mérite d’être étudié dès maintenant.

Car la question centrale deviendrait :

Comment organiser une société dans laquelle la production de richesse ne dépendrait plus principalement du travail humain ?

Et, plus profondément :

Comment permettre à chacun de trouver une place, une reconnaissance et un sens à son existence, indépendamment de sa productivité économique ?


9. Une dernière réflexion, en lien avec tes travaux sur le bonheur

Tu viens d’étudier les recherches de Barbara Fredrickson, de Sonja Lyubomirsky et les travaux présentés dans le cours de Berkeley.

Or, ces recherches nous rappellent une chose importante.

Notre bonheur ne dépend pas uniquement de notre richesse matérielle.

Il dépend notamment de la qualité de nos relations, de notre sentiment d’autonomie, de nos activités, de notre santé et du sens que nous donnons à notre existence.

Si l’IA nous permettait un jour de consacrer beaucoup moins de temps à produire les ressources nécessaires à notre survie, nous pourrions théoriquement consacrer davantage de temps à ces dimensions.

Mais cela ne se produira pas automatiquement.

Une société matériellement riche peut aussi être profondément inégalitaire, isolante ou dépourvue de sens pour certains de ses membres.

L’intelligence artificielle pourrait nous libérer d’une partie des contraintes du travail. Elle ne nous apprendra pas automatiquement à être heureux.

Et c’est peut-être l’un des grands défis de cette révolution.


Je terminerai par une question qui me semble fondamentale.

Pendant des milliers d’années, nous avons dû travailler pour vivre.

Avec l’intelligence artificielle, nous pourrions progressivement nous rapprocher d’une situation dans laquelle une partie croissante du travail nécessaire serait réalisée par des machines.

Nous devrions alors apprendre à distinguer deux choses que nos sociétés ont longtemps associées :

Notre valeur économique et notre valeur humaine.

Et je serais curieux de connaître ton sentiment sur un point précis.

Penses-tu que les êtres humains seraient capables d’être heureux dans une société où ils n’auraient plus besoin de travailler ?

Car, à mon sens, la réponse à cette question pourrait être aussi importante que les progrès technologiques eux-mêmes.

 
 
 

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